L’UNCAM propose 25 000 € d’aides à l’installation : opportunité incroyable ou fausse bonne idée ?

SNMKR SNMKR, le 9 mars 2017 | 1 commentaire

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Lors de la réunion du 28 février sur la démographie, l’UNCAM a proposé une nouvelle organisation des aides incitatives, afin de contribuer au renforcement de l’offre en kinés dans les zones sous dotées. L’annonce principale a été celle d’une aide de 25 000 € sur les deux premières années après l’installation en zone sous dotée (2 × 12 500 €). Si cette perspective semble très attrayante, il convient d’étudier plus précisément cette proposition.

Actuellement, le contrat incitatif pour les kinésithérapeutes fonctionne de la manière suivante : lors de son installation en zone déficitaire, le kinésithérapeute peut signer pour obtenir un contrat incitatif avec les modalités suivantes :

  • contrat de 3 ans reconductible
  • aide financière de 3 000 € par an pendant 3 ans
  • prise en charge de la partie allocations familiales des charges URSSAF, estimées à 2 600 € en moyenne par an

Le nouveau contrat incitatif proposé par l’UNCAM est le suivant (résumé dans le tableau) :

  • D’abord un contrat d’aide à l’installation
    • Durée : 5 ans non reconductible
    • Montant : 25 000 € (2 × 12 500 € versées les 2 premières années)
  • Ensuite un contrat de maintien d’activité
    • Durée : 3 ans reconductible
    • Montant : 3 000 € / an

1e année

2e année 3e année 4e année 5e année 6e année 7e année

8e anée

et ensuite

 12 500€

 12 500€  0€  0€  0€  3 000€ 3 000€ 3 000€

 

Pour donner un ordre d’idées sur le format 25 000 / 3 000 qui nous est proposé, les médecins ont obtenu de leur côté un format 50 000 / 5 000.

Si le contrat de maintien d’activité représente la situation actuelle, le nouveau contrat d’aide à l’installation, du fait de l’absence de prise en charge d’une part des charges URSSAF n’est pas avantageux :

  • Nouvelle formule : 25 000 € sur le contrat de 5 ans
  • Ancienne formule : (3 000 + 2 600) x 5 = 28 000 €

Au vu de ces calculs, la proposition de 25 000 € n’est donc pas avantageuse et ne va pas dans le sens d’une amélioration des mesures incitatives pour l’installation en zone sous dotée.

L’idée n’est cependant pas à jeter dans la forme, et face à cette opportunité, l’Union est actuellement en discussion afin de formuler la proposition suivante (résumé dans le tableau)

  • D’abord un contrat d’aide à l’installation
    • Durée : 5 ans non reconductible
    • Montant : 30 000 € versée en 2 ans puis 3 000 € / an
  • Ensuite un contrat de maintien d’activité
    • Durée : 5 ans reconductible
    • Montant : 10 000 € la première année puis 3 000 € / an

1e année

2e année 3e année 4e année 5e année 6e année 7e année

 15 000€

 15 000€  3 000€ 3 000€  3 000€  10 000€ 10 000€

 

8e année

9e année 10e année

 3 000€

3 000€  3 000€

 

Face à une proposition de l’UNCAM qui manque l’ambition, l’Union souhaite démontrer la motivation de nos confrères à l’idée de vouloir rétablir une offre de soins équilibrée sur le territoire mais pas à n’importe quel prix.

Le manque de services de proximité dans certains territoires, l’augmentation des frais liés au transport et la prise en compte du travail de son conjoint sont autant d’éléments à prendre en compte lorsque l’on se dispose à s’installer dans ces zones. L’UNCAM a déjà été alerté de l’insuffisance de sa proposition.

 

Affaire à suivre…